Une critique, une réaction, un conseil... Je suis preneur ! duronquarre@wanadoo.fr

Page mise en ligne en mai 2006, dernière actualisation en avril 2017.

Conseil d'élèves et messages clairs

(4 documents à télécharger, 1 lien interne, 7 liens externes)

 

Pourquoi ?
Conseils d'élèves
Messages clairs

" A l’échelle d’une même classe, le conseil d’élèves est un outil qui permet d’installer entre les élèves un espace de débat, d’expression libre, de suggestion, de décision sur des projets et événements en relation avec la vie de leur classe ou avec l’actualité [...]. Espace de dialogue sur les problèmes rencontrés en classe, d’élaboration de règles de vie scolaire et de rappel à la loi par les élèves eux-mêmes, le conseil d’élève constitue un puissant outil de régulation de la vie de la classe et permet de faire vivre une expérience démocratique, tout en contribuant à l’amélioration du climat scolaire. Il peut aussi être l’occasion de débats par lesquels les élèves peuvent partager librement leurs émotions et leurs impressions sur des œuvres littéraires et artistiques, des recherches documentaires, des faits d’actualité ou encore sur une expérience vécue."

http://eduscol.education.fr/cid92404/methodes-et-demarches.html#lien4 (lien externe)

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/EMC/00/9/ress_emc_conseil_eleves_464009.pdf (lien externe)

"La technique des messages clairs s’appuie sur des principes en cohérence avec les finalités de l’enseignement moral et civique : le recours aux expériences de vie pour éduquer les élèves à l’expression des émotions, des sentiments et des valeurs dans le cadre d’un enseignement laïque de la morale ; le développement de compétences spécifiques, notamment langagières, et transversales visant le traitement autonome de différends ou de petits conflits. En ce sens, les messages clairs constituent un premier levier de médiation entre pairs visant à assurer un climat scolaire apaisé, propice au vivre-ensemble et aux apprentissages."

Les messages clairs, une technique de prévention et de résolution des petits conflits à l’école (Eduscol) (lien externe)

Exemples de conseils d'élèves à l'école Léon Jouhaux de Villeurbanne :

https://www.youtube.com/watch?v=aFOosW-zvkU (lien externe)

Exemples de messages clairs -joués par les élèves- à l'école de soleymieux, dans la classe de Jean-Luc Vérilhac :

https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/49644 (lien externe)

 

 

Des associations comme l'O.C.C.E. (lien externe) ou l'I.C.E.M. (lien externe), ont développé cette pratique depuis des années, elles ont même directement influencé les programmes scolaires.

Mais, nul besoin d'être un militant dans l'une de ces associations (je n'en suis pas un !) pour mettre en place des débats.

Les dispositifs proposés peuvent s'appliquer dans n'importe quelle classe. A condition, pour l'enseignant, d'accepter de perdre une certaine raideur et un semblant de toute puissance.

 

Le conseil est un lieu de construction de la loi et de régulation, un lieu où l'on revient, "à froid" sur des problèmes, mais il doit aussi être le moment où l'on propose, où l'élève devient réellement acteur de la vie de la classe et de l'école.

L'enseignant a, selon moi, un droit de veto : concernant notamment les sanctions pour que le conseil ne dérape pas et le contenu de l'enseignement (de ce point de vue, je me démarque des pratiques des associations citées plus haut). Il s'agit de ne pas leurrer les élèves sur ce point.

L'enseignant est le garant de l'application des programmes et d'une certaine éthique de vie (sécurité physique et psychologique des élèves), non négociable, connue et comprise par tous les élèves.

 

Il y a plusieurs années dans ma classe, le conseil s'est mis en place sur trois ans. Au départ, une simple boîte à messages permettait aux enfants d'exposer des problèmes et de proposer des idées. Voir 100 % bla-bla.

J'ouvrais et je lisais les messages le vendredi en fin de journée. Suite à la proposition d'un groupe d'élèves, ceux-ci se sont mis à lire les messages tour à tour. Mais je gardais la "maîtrise" des débats en distribuant la parole et en prenant éventuellement des décisions.

Parallèlement à cela, les élèves élisaient en début d'année un représentant par cours au conseil d'école. Une réunion préparatoire avait lieu, animée par les délégués qui questionnaient les élèves sur leurs doléances et leurs souhaits. Lors des conseils d'école, une plage était réservée aux élèves dans l'ordre du jour. Les délégués faisaient toujours un bilan de la réunion en classe.

Enfin des collègues membres de l'I.C.E.M. et de l'O.C.C.E. m'ont convaincu qu'un conseil pouvait être entièrement animé par les élèves au profit d'une plus grande responsabilisation et prise d'initiatives des élèves.

On peut penser que les enfants rodés à cette activité seront plus tard des adultes responsables, respectueux et surtout constructifs. Au delà du monde professionnel -où la liberté d'expression n'est malheureusement pas toujours présente- on peut penser que le monde associatif sera pour eux l'occasion de s'épanouir.

 

Comment ?

Tout ce qui suit est une illustration concrète de ce que peut être l'organisation de ce type de réunion.

a) Alimenter le conseil : On installe une boîte à message dans la classe. On oblige l'élève à organiser sa pensée, à ne pas agir dans l'instant.

Il y a deux catégories de mots : les verts (je propose) et les rouges (j'ai un problème, je pousse un coup de gueule).

Dans ma classe, depuis quelques temps, la deuxième catégorie de message se réduit à une portion congrue grâce à la mise en place de "messages clairs" (inspiré d'un outil de l'I.C.E.M.). En cas de problème entre deux élèves, si l'explication immédiate est difficile, on fait un message clair. On essaie de régler le conflit de manière à trouver une solution sans perdant ni gagnant (pour faire un message clair : on écrit son nom sur un tableau, celui à qui s'adresse le message et le moment choisi pour se retrouver et essayer de résoudre le problème à l'écart lors de la récréation). Si celui à qui on fait le message clair n'écoute pas, rigole ou met de la mauvaise volonté, on doit mettre un mot dans la boîte à message, pour aborder le conflit en conseil de classe.

 

Voici un récapitulatif (fabriqué à partir d'un document de l'ICEM 34) destiné à être présenté et rappelé régulièrement.

(pdf 83 ko)

 

 

 

 

b) Les principes du conseil :

 

c) Le rôle de l'enseignant :

Il est de veiller au bon déroulement de la réunion : respect des rôles et des consignes. L'objectif est qu'il intervienne le moins possible lorsque l'activité est rodée.

Il s'assure que tout le monde s'exprime, il fait éventuellement un bilan de la réunion.

Il veille à son fonctionnement démocratique et évite les débordements (décisions hors du champ d'intervention des élèves...).

Il est positionné dans le cercle et respecte la même règle que les élèves pour prendre la parole. Il a un droit de veto. Il doit continuellement veiller au respect de l'éthique.

Il doit interdire "le conseil tribunal" : un élève n'a pas le droit d'en sanctionner un autre. Un élève mis en cause a toujours le droit de se défendre.

L'enseignant doit ainsi trouver le juste milieu entre "l'omerta" et "la balance" : on a le devoir de signaler les problèmes qui mettent en danger (physiquement et psychologiquement) un autre élève ; par contre on évite de signaler les incidents (travail non fait, fraude…) sans conséquences pour les autres élèves.

 

Sur le blog Haddock Doc en stock : voici un affichage très pertinent pour les élèves :

http://haddock.eklablog.com/signaler-rapporter-a48667584 (lien externe)

Je l'ai adapté à ma sauce : conflits entre deux élèves (pdf : 173 ko)

 

Pour l'enseignant, c'est aussi le lieu, pour apporter des modifications structurelles (règles, organisation…) et en discuter avec les élèves. Le conseil se termine toujours par des " coups de chapeau ", moment forcément positif (c'est important de terminer ainsi !), où les élèves en félicitent à tour de rôle un autre qui a fait des efforts particuliers pendant la semaine (Merci Marie-Julie d'avoir proposé ce rituel dans ma classe !). Cela permet aussi aux élèves qui n'ont pas forcément confiance en eux de sentir que leurs efforts sont remarqués, ce qui les encouragera à les poursuivre.

 

L'enseignant doit accepter de perdre une partie de son pouvoir, sans non plus donner l'illusion aux élèves qu'ils en sont détenteurs.

 

Pour terminer, voici une fiche (tirée de ce document : http://www.occe63.fr/uploaded/messages-clairs.pdf (lien externe) ) destinée à permettre un échange en classe sur l'attitude à avoir en cas de conflit.

En cas de conflit, que faire ?

(pdf 83 ko)

 

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